Mener la mutation économique et sociale nécessaire
Nous sommes confrontés à des défis environnementaux, sociaux et culturels qui nécessitent une révision profonde de la pensée économique. La financiarisation de l’économie, la marchandisation des biens et des services, la perte de contrôle des citoyens et de la puissance publique locale sur les choix économiques nous sont présentées comme incontournables.
Face à cette mondialisation économique libérale, les collectivités ont le devoir de réagir et de construire une économie durable et solidaire. La conversion écologique de l’économie locale, la création d’emplois non délocalisables et les activités respectant l’environnement et le bien-être social constituent nos priorités.
Les collectivités, par leurs investissements, leurs emplois et leurs achats, sont un levier important pour accompagner cette révolution lente de l’économie. Nous avons identifié trois secteurs à accompagner et à développer sur Rennes Métropole : l’économie sociale et solidaire (dont l’insertion par l’économique et le commerce équitable), les éco-activités et le commerce et l’artisanat de proximité.
Enfin, nous préconisons une véritable politique agricole et alimentaire métropolitaine visant à accompagner les agriculteurs de l’agglomération à la conversion vers le biologique et le durable.
Soutenir l’économie sociale et solidaire, le commerce de proximité, l’artisanat
L’économie sociale et solidaire, qui représente 2 000 entreprises dans le pays de Rennes, doit être privilégiée : associations, coopératives, entreprises d’insertion par l’activité économique, fondations, sont en effet les maillons indispensables à la mise en oeuvre d’une politique économique locale innovante, socialement juste, où les critères d’utilité sociale et environnementale sont prioritaires.
Par ailleurs, le commerce de proximité et l’artisanat sont un enjeu fondamental en termes d’emploi local et de qualité de vie. Sait-on que le premier poste d’émission de gaz à effet de serre est le déplacement des clients vers les hypermarchés ? Peut-on contester que les rapports quotidiens avec les acteurs économiques de proximité sont, au-delà de la confiance bâtie avec le temps, un gage d’emploi durable par rapport aux pratiques des grandes entreprises ?
Les verts considèrent que le nombre de grandes et moyennes surfaces, alimentaires ou autres, est suffisant aujourd’hui sur le pays de Rennes. Désormais, il faut inverser la tendance : favoriser les « petits commerces » et rendre la législation locale sur la publicité plus contraignante à l’égard des « marchands de rêves ».
Dans le domaine de l’artisanat, le secteur du bâtiment nous semble prioritaire aujourd’hui : si nous laissons les petites entreprises de ce secteur démunies face aux nouveaux enjeux environnementaux, elles disparaîtront au profit de filiales d’entreprises nationales. Il ne suffit pas de vouloir que les locaux commerciaux ou l’habitat se conforment à de nouvelles normes environnementales : il faut accompagner et former les artisans pour les aider à s’adapter.
Développer un nouveau secteur économique dans l’agglomération : les éco-activités
L’avenir de l’activité de production automobile est incertain. Ce secteur traverse d’importantes turbulences. La fin du pétrole et la fin d’un système de production industrielle toujours plus délocalisé annoncent pour les salariés de l’industrie automobile des lendemains difficiles. Face à la casse sociale qui se profile, nous voulons assurer la reconversion de ce secteur.
Nos voisins européens l’ont bien compris, il y a plus de 20 ans déjà ! Les activités développées autour de l’environnement sont porteuses et créatrices d’emplois, qu’il s’agisse de production d’énergies renouvelables, de technologies de l’environnement, de transports publics économes et propres. Il est temps d’appréhender avec réalisme la mutation économique en cours et d’en tirer avantage pour ne pas seulement en subir les inconvénients.
Les verts souhaitent pour cela engager une réflexion qui conjugue, sur le long terme, préservation de l’environnement, projet industriel et technologique, développement économique et emploi local. Notre grand projet d’autonomie énergétique en renouvelable d’ici 2030 nous aidera à développer de nouvelles filières de production d’énergie, de fabrication industrielle d’éoliennes, de construction de panneaux solaires et d’autres outils pour une production d’énergie propre dans le cadre d’une technopole Energies Renouvelables.
Mettre en oeuvre une politique d’attribution des aides publiques locales plus juste
Il est nécessaire de mettre en place une nouvelle politique d’aide aux entreprises. Il est intolérable et incompréhensible pour les citoyens de voir qu’une partie de leurs contributions fiscales est attribuée à des entreprises qui, sous couvert de promesses d’emplois, bénéficient d’aides financières conséquentes sans obligation de résultat local à long terme.
Comment justifier que des élus soutiennent l’implantation et le développement d’activités et d’entreprises polluantes et aux conséquences sociales néfastes ? De nouvelles règles doivent donc être édictées dans l’attribution des aides :
l’impact sur l’emploi local à moyen et long terme doit être privilégié sur les effets d’annonce ;
les conséquences pour l’environnement doivent être clairement établies avant tout octroi de subventions ;
le soutien de la ville et de Rennes Métropole doit aller en priorité aux entreprises qui ont une véritable ambition sociale et solidaire.
Une ville « éco-responsable »
La ville doit donner l’exemple par une politique d’approvisionnement « éco-responsable » : à savoir que les biens et les services qu’elle achète respectent l’environnement et l’équité sociale. Cette exigence en matière de dépenses publiques sera un signal fort et influencera le marché des services et des biens pour qu’il se conforme à des normes plus respectueuses de l’environnement. Elle renforcera également la dynamique locale autour des nouvelles filières de l’environnement qui créent depuis 20 ans un nombre d’emplois toujours croissant.
Le code des marchés publics autorise la prise en compte des exigences environnementales dans tout marché public. Cette exigence sociale et environnementale est donc une affaire de volonté politique. Elle peut s’appliquer à tous les secteurs dans lesquels la ville effectue des dépenses de fonctionnement et d’investissement. Pourquoi achète-t-on encore du granit en Chine alors que nous disposons de carrières d’excellente qualité en Ille et vilaine ?
Enfin, concernant les grands projets économiques, la politique de Rennes et de son agglomération doit se faire en cohérence avec les défis du développement durable et le Grenelle de l’environnement.