Repenser les modes de déplacements
Notre société partage désormais le constat des verts : l’utilisation effrénée de l’automobile n’est plus possible. On reconnaît désormais son caractère polluant et le danger qu’elle représente pour la santé de tous. Le prix de l’essence qui grimpe et la fin annoncée du pétrole nous obligent à envisager des alternatives.
60 000 nouveaux habitants sont annoncés pour Rennes Métropole dans les années à venir. or les déplacements de la population métropolitaine en croissance n’ont pas été suffisamment anticipés au regard des défis environnementaux. ainsi, le Plan de déplacements Urbains (PdU) de Rennes Métropole manque d’ambition concernant le développement des modes alternatifs à la voiture :
Aujourd’hui, les véhicules motorisés individuels représentent 60% des déplacements. L’objectif du PDU pour 2017 est de ramener ce chiffre à 57%, soit une baisse de seulement 3 points !
Les transports collectifs représentent 14% des déplacements en 2006-2007. L’objectif pour 2017 est d’atteindre 17% seulement.
En 2006-2007, on estime les déplacements à vélo à 3%. L’objectif pour 2017 est d’atteindre royalement 4% : de trois fois rien on passera à quatre fois rien. Trois ou quatre fois rien ne font toujours pas grand-chose !
23% des déplacements se font actuellement à pied. ils seront carrément en régression à 22% selon les objectifs du PDU !
Sécuriser les déplacements : pour un partage équitable de la rue
Pour que les Rennais adoptent de nouvelles pratiques de déplacements dans la ville, les responsables publics doivent proposer des solutions adaptées à chacun. Il faut favoriser les déplacements « doux », c’est-à-dire non polluants et qui protègent les personnes les plus fragiles (piétons, enfants, cyclistes, personnes handicapées). Cette politique repose sur des mesures simples et doit se faire en concertation avec les acteurs engagés dans la réflexion et dans la gestion des déplacements citadins.
La sécurité, dans le cadre d’une nouvelle politique de circulation au sein de notre ville, doit être prioritaire : trop de personnes, et en premier lieu les enfants, prennent des risques inutiles et quotidiens pour traverser la route en sortant de leur domicile ou en allant à l’école. 55 cyclistes ont été blessés en 2007, soit 22 % de plus qu’en 2006. Les accidents causés par les voitures sont souvent graves. les piétons sont vulnérables : 55 victimes également en 2007. La moitié d’entre eux étaient sur un passage piéton... et pour la plupart effectuaient un déplacement pour un loisir ou pour faire des courses !
En ville, on ne parle pas de routes mais de rues. C’est pourtant le code de la route qui s’applique en milieu urbain. Ce code est destiné à régir la circulation de véhicules motorisés et ne prend guère en compte les modes de déplacements urbains ni surtout ceux devant être privilégiés à l’avenir. Nous avons donc besoin d’un code de la rue qui inverse les priorités : des véhicules motorisés vers les usagers les plus faibles de la rue (piétons, cyclistes, enfants, personnes à mobilité réduite ou gênée…). Il s’agit de mettre la voiture à sa juste place pour un partage équitable de la rue.
Des transports non polluants et moins chers
L’augmentation du prix du carburant et le prix d’une place de stationnement entraînent déjà une limitation de l’utilisation de la voiture pour les moins aisés ! L’accessibilité économique et sociale est un pilier de la politique de déplacements des verts. On ne peut demander aux habitants de changer leurs habitudes sans assurer au plus grand nombre des solutions et des choix adaptés en fonction de leurs besoins et de leur budget. Il est de notre devoir de faciliter l’usage de transports protégeant notre environnement et notre sécurité, sans creuser le fossé des inégalités entre les citoyens.
Il est devenu urgent de penser les déplacements à l’échelle de la métropole. Une ville comme Rennes ne vit pas en vase clos ! Sa politique de circulation concerne aussi des personnes qui vivent ou travaillent en dehors de la ville centre.
Enfin, nous pensons qu’il est encore temps de revoir le projet de deuxième ligne de métro et de permettre aux habitants de l’agglomération de s’exprimer sur une action d’aménagement du territoire lourde financièrement et qui pèsera sur l’avenir des déplacements à Rennes pour les 15 ans à venir.