Les intentions de la ville de Rennes concernant les bibliothèques Maison bleue (St-Martin) et Carrefour 18 (Le Blosne) suscitent inquiétudes et interrogations.
L’argument de la baisse de la fréquentation (le même qu’utilise la direction de la Poste pour justifier des fermetures d’agences en zone rurale) n’est pas acceptable. Contrairement aux autres bibliothèques de quartiers, ces deux bibliothèques n’ont pas bénéficié de travaux de rénovation et ne disposent ni de CD, ni de DVD. On aurait voulu provoquer la désaffection du public, on ne s’y serait pas pris autrement.
Alors que la municipalité investit dans la médiation et l’accompagnement des publics pour une bibliothèque située près du Thabor (Lucien Rose), elle considère que quand les habitants des quartiers populaires fréquentent moins les structures culturelles, il faut les fermer. Voilà une politique bien inquiétante pour une municipalité qui se dit de gauche...
Une bibliothèque dans un quartier populaire, c’est un choix de politique culturelle. A quoi se réduit l’ambition culturelle de la municipalité si elle ne s’en donne pas les moyens ?
A budget constant, l’ambition de toucher de nouveaux publics défavorisés tout en fermant les bibliothèques de quartiers populaires est absurde et revient à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pendant ce temps là, les structures culturelles ferment dans les quartiers périphériques et se concentrent encore un peu plus au centre ville.